Lecture d’actualité : l’animalisme est-il un anti-humanisme ?

Le double phénomène du développement de l’animal de compagnie (considéré comme presque l’égal de l’homme) et les excès de l’élevage intensif ont favorisé l’extension du mouvement animaliste, qui parfois dérive vers l’activisme. Selon l’auteur, l’audience du mouvement animaliste qui influence fortement la société et les décideurs, serait préjudiciable à l’espèce humaine. Ce raisonnement partagé par de nombreux autres auteurs est ici complété par une prise de position plus polémique : le concept de « bien-être animal », sujet à de nombreuses interprétations, renforcerait la cause animaliste. L’auteur revient également sur d’autres distinctions qui lui sont chères : nous devrions considérer les animaux et non pas l’animal, mieux faire la part des choses entre le rationnel et les émotions, entre « l’éthique de conviction » et « l’éthique de responsabilité », etc. Malgré le fait que l’auteur s’appuie sur la stratégie scientifique collective pour étayer son raisonnement (et donc balayer les idées reçues), il n’hésite pas à en critiquer ses orientations (concernant notamment l’étude du bien-être animal). Tout en reconnaissant la nécessité de protéger les animaux, l’auteur prend position en essayant de démontrer que l’anti-spécisme prôné par les animalistes conduit à un spécisme anti-humain, donc à un anti-humaniste. Il argumente en conclusion que la montée en puissance du mouvement animaliste s’expliquerait par les contradictions de la nature humaine et un mélange de science et de morale, ou encore de rationnel et d’émotion.