La revue Viandes et produits carnés

La revue française de la recherche en viandes et produits carnés  ISSN  2555-8560

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Enquête sur la consommation de viande rouge

Retour sur les attentes des consommateurs et leur perception du nouveau système d’étiquetage des viandes bovines en libre-service

Ce travail présente les résultats de deux études consécutives menées sur une population totale de 625 consommateurs de viande bovine. L’objectif était d’examiner les habitudes de consommation et d’identifier les raisons susceptibles d’expliquer le relatif déclin de l’intérêt des consommateurs envers la viande bovine. Ces enquêtes ont également eu pour objectif de faire le point sur la compréhension du nouveau système d’étiquetage de la viande bovine (système basé sur les étoiles) par les consommateurs.
La moitié des sondés indique avoir réduit sa consommation de viande bovine, l’hétérogénéité de qualité des morceaux étant l’une des raisons susceptibles d’expliquer cette diminution de consommation. Soixante-dix pourcent des sondés n’ont pas remarqué l’existence du nouvel étiquetage. Toutefois, ce système leur semble constituer un progrès majeur pour le secteur bovin, qui mérite d’être davantage développé. En effet, les consommateurs témoignent d’un grand intérêt pour le développement en France d’un système qui garantirait un niveau de qualité (et un niveau de tendreté) à la viande, à la manière du système Australien. Un tel système serait de nature à réduire le déclin de la consommation de viande bovine, voir même à inverser cette tendance.

Consommer de la viande : des enjeux et des impacts multiples

Compte-rendu de la journée d’information et d’échange co-organisée par l’INRA et l’association de consommateurs CLCV sur le thème : "Consommer de la viande : des enjeux et des impacts multiples"

L’article rend compte de la journée d’information et d’échange co-organisée par l’INRA et l’association de consommateurs CLCV sur le thème : "Consommer de la viande : des enjeux et des impacts multiples" qui s’est tenue le 15 mai 2018 à AgroParisTech. Les consommateurs modifient leurs comportements qualitativement et quantitativement. Attentifs à l’évolution des prix, ils cherchent aussi à être informés sur les produits alimentaires et leurs modes de production, voire à les influencer. Les chercheurs de l’INRA qui étaient présents travaillent sur les caractéristiques nutritionnelles des produits carnés, leur impact sur la santé, les aspects culturels et les déterminants de la consommation, l’économie et l’organisation des systèmes d’élevage, leurs impacts environnementaux, le bien-être animal. De par l’ampleur de ces champs pluridisciplinaires, ils ont pu répondre aux questions que se posent les consommateurs en soulignant la complexité des enjeux agricoles et alimentaires dans une perspective française, mais aussi européenne et mondialisée. La synthèse présentée ici cherche à rendre compte des présentations des chercheurs en intégrant leurs réponses aux questions qui ont été posées par la salle.

Performance des élevages français de vaches allaitantes avec les ateliers d’engraissement italiens

Évaluation de la performance d'un système combiné de production extensive / intensive de viande bovine : le cas des élevages de vaches allaitantes françaises intégrées avec les ateliers d’engraissement italiens

Cette étude visait à analyser la performance du système bovin basé sur l'intégration des élevages extensifs de vaches allaitantes en France (Massif central) et des ateliers d'engraissement intensif à base de céréales du nord de l'Italie. Deux indicateurs ont été pris en compte : l'empreinte carbone (kg eq CO2 / kg de poids vif vendu) et le ratio de conversion alimentaire comestible par l’homme, calculé comme le rapport entre la teneur en énergie des aliments comestibles par l’homme utilisés et la teneur en énergie des produits animaux obtenus (HeFCR). L'unité de référence était le lot (c'est-à-dire un groupe de veaux homogène pour l'origine, la période de finition et la ferme d'engraissement). Nous avons considéré 73 lots de taurillons charolais (4882 têtes), nés en France (Massif Central), vendus à des engraisseurs du nord de l'Italie à 405 ± 13 kg vif après un gain de poids de 1,16 ± 0,13 kg / j et abattus à 729 ± 23 kg vif, après un gain de poids de 1,52 ± 0,09 kg / j pendant l'engraissement. L'empreinte carbone moyenne de l'ensemble du système de production de bovin était en moyenne de 13,0 ± 0,6 éq. CO2 / kg de poids vif, et la phase allaitante (naisseur) représentait 65% des émissions totales. À l'inverse, cette phase allaitante était plus efficace que la phase de finition du bovin italien en termes d'utilisation d’aliments consommable par l’homme, le HeFCR étant en moyenne de 2,9 ± 0,4 et 4,6 ± 0,8 MJ / MJ respectivement en France et en Italie. Par conséquent, nos résultats confirment la complémentarité de ces deux phases effectuées dans deux contextes très différents et la conjonction d’intérêt entre naisseurs et engraisseurs qui explique le développement puis la pérennité de cette filière transfrontalière à partir des années 1970.

Conséquences de l’Accord Economique et Commercial Global (AECG/CETA)

Les principaux impacts de l’Accord Economique et Commercial Global (AECG/CETA) sur les productions animales européennes

Près de 10 ans après le lancement des négociations, l’Accord Economique et Commercial Global (AECG) ou "Comprehensive Economic and Trade Agreement" (CETA, acronyme utilisé ci-après dans le texte) a été ratifié par les institutions communautaires en février 2017. Si les Etats membres de l’Union européenne (UE) doivent encore le ratifier, la majeure partie de cet accord dit "mixte" (compétences partagées entre l’UE et ses Etats membres) s’applique depuis l’entrée provisoire de l’accord fin septembre 2017. En effet, la mise en œuvre des dispositions de compétence communautaire n’attendra pas la ratification définitive de l’accord.
C’est notamment le cas des questions tarifaires qui auront un impact sur les agricultures européennes, notamment par la baisse de droits de douane encore importants. Il offre également de nouvelles possibilités de révision à la baisse des normes sanitaires, phytosanitaires et environnementales. Une étude publiée par l’Institut de l’Elevage, l’IFIP et AgroParisTech montre ainsi que cet accord risque de fragiliser les productions européennes de viande bovine et porcine par des imports supplémentaires de viande à droits de douane nuls à certaines périodes.

Formation et répartition des gains de productivité en élevage bovin viande

Qui sont les gagnants et les perdants sur les 35 dernières années ?

La méthode des comptes de surplus permet d’évaluer l’évolution de la productivité de l’ensemble des facteurs d’une entreprise et la répartition des gains de productivité entre les différents agents économiques. Nous avons appliqué cette méthode sur une base de données de 164 exploitations bovin allaitant du bassin Charolais de 1980 à 2015. Sur la période de 36 ans, le Surplus Global de Productivité (SPG) cumulé s’accroît faiblement à un rythme de +0,17%/an. Ce faible accroissement du SPG est lié à la constante augmentation de la productivité du travail, alors que la productivité des autres facteurs régresse. Nous observons une baisse du revenu des exploitants, une très légère baisse du prix des consommations intermédiaires, auxquels s’ajoute une très forte augmentation des soutiens publics directs. L’ensemble de surplus économique cumulé a été captée à 64% par l’aval de la filière bovine sous forme de baisse de prix. Les bénéficiaires des gains de productivité en élevage bovin viande sont majoritairement les acteurs de l’aval de la filière, tandis que, de par les aides versées aux producteurs de bovin viande, l’Etat et l’Union européenne sont les principaux financeurs de cette baisse de prix des produits agricoles. La baisse du revenu des exploitants indique clairement qu’ils sont perdants dans cette répartition des gains de productivité.


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